Roman : BELLE - Đẹp de Khái Hưng

 

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Marie-Colombe Bạch (promo 1962) présente sa nouvelle publication BELLE, traduction française du roman Đẹp de Khái Hưng.

 

 Dans son roman BELLE, Khái Hưng s’est servi de la Beauté comme modèle esthétique mais le sujet véritablement traité est cette Authenticité, essence même de la Beauté. Où est la Beauté quand on tue, le héros qui tue n’est-il pas en réalité un meurtrier… la beauté ne réside-t-elle pas seulement dans la beauté du geste.

Du point de vue linguistique BELLE est un véritable pont littéraire vers le romantisme français du 19è  prisé par la jeunesse vietnamienne de l’époque. L’héroïne avec le thème de la jalousie morbide est un personnage emprunté à Julia de Trécœur d’Octave Feuillet et mentionné par Ngọc, l’ami fidèle.

Plus qu’un simple sentiment d’amour, Khái Hưng fait mention du ‘moi primitif, le ‘moi romantique, mystère enfoui au travers de la danse chamanique en cours dans le Vietnam du nord. Une pratique taoïste, le voyage extatique dans le lointain. Cette incorporation extérieure permet au personnage de s’extraire de l’enveloppe charnelle pour retrouver l’immanence de la vie face à l’authenticité des êtres, thème récurrent de la philosophie chinoise, asiatique sur la liberté incontrôlable et incontrôlée [tiêu diêu du,xiaoyáo yóu逍遥de Zhuangzi.庄子]. La quête du Graal est logée dans la recherche de la Beauté en soi, une valeur intrinsèque dont l’extériorisation comme la beauté physique ou corporelle est toute relative à l’exemple des concubines Yang Guifei (Dương Qúy Phi) et Xi Shi (Tây Thi), l’une à la limite de l’obésité et l’autre atteinte d’anorexie. BELLE parle de la femme soumise aux archaïques dictats confucéens. L’auteur prône la liberté, l’individualisme au travers de la conscience de soi toute occidentale.

Par ailleurs, l’auteur nous donne de précieuses indications sur la naissance et l’essor des laques dits de Coromandel[i] dans le pays d’Annam. Il met en parallèle la spécificité asiatique avec la peinture sur huile venue de l’occident. Nouveauté, échange et transformation de l’alter ego, l’altérité Orient/Occident.


 

[i] Laques dits « de COROMANDEL » - article écrit par Daisy LION-GLODSCHIMT dans l’Encyclopædia Universalis :  …Ce type de laque a été créé en Chine vers le milieu du XVIIè.. Le nom donné par les Anglais vient de celui de la côte  orientale de l’Inde, d’où partaient les exportations vers l’Europe à partir du règne de Kangxi. La laque provient de la sève du Rhus vermiciflua, un arbre originaire de Chine et qui sera transplanté en Corée, au Japon, en Annam

 

Contact : mcphuonglan@gmail.com